Eglise St Germain – Barlieu

12 Mar 2026 | Eglises en Pays-Fort, le fil des compagnons

BARLIEU L’ÉGLISE SAINT – GERMAIN
De l’ancienne place forte qu’était Barlieu au Moyen-Age, il ne reste que le souvenir de remparts figurant dans le nom d’une rue. Néanmoins, ce petit bourg a conservé néanmoins de belles traces de l’habitat ancien avec d’intéressantes maisons à colombages comme celles qu’on pourra
admirer rue Etienne Dolet.

On attribue au nom de Barlieu une double origine : gauloise par le mot « bar, barros » (haut, élévé) et latine avec mot « locus » (le lieu). N’oublions pas qu’à la suite des voies gauloises antérieures, les voies romaines connaissaient une circulation intense pour le commerce et qu’une branche de la via Aggripa menant jusqu’à Boulogne sur mer passait par Gien.

L’église Saint-Germain attire le regard de loin, à la fois par la hauteur et par la forme très particulière de son clocher.L’édifice actuel a été bâti sur un bâtiment remontant au XIème ou XIIème siècle en l’élevant et l’élargissant. Le volume définitif date, lui , du XVIème. Cette histoire explique que l’on y observe une certaine variété de styles, entre autres sur les ouvertures.

Pour le visiteur, les centres d’intérêt commencent par le clocher, particulièrement élégant avec un abat-son en forme de bulbe permettant une vaste dispersion des sonneries des cloches. On verra ensuite sur le flanc nord une petite avancée sur la base de la toiture. Elle protège les deux réas
qui permettaient le renvoi des deux poids dont la masse (environ 45kg) entrainait le mécanisme des sonneries. Uniquement accessible par l’extérieur avec une échelle, elle était confiée à un paroissien qui recevait, pour cette rude tâche, un confortable salaire de 20 livres en 1690. On verra, à gauche
du portail, la plaque commémorative honorant un prêtre natif de Barlieu, l’Abbé Brasdu, qui avait, au péril de sa vie, abrité une famille juive durant l’Occupation. 
Sens de visite de l’intérieur : depuis le grand portail (Ouest) vers l’autel(Est)
Le premier trésor de l’église, déjà évoqué, c’est la mécanique de cette première horloge. Un impressionnant montage de près d’un mètre cube dont il faut réaliser qu’il a été construit avec la lime comme seul outillage. A côté, on pourra s’exercer à soulever un des poids, celui qui a été
récemment extrait du mur du Cèdre où il permettait d’attacher son cheval, un jour de marché.
Sur la droite, un grand tableau représentant un religieux (St-Bernard ?) en adoration de la Sainte-Vierge qui le gratifie d’une « lactation ». L’oeuvre provient de l’atelier d’un peintre de Bourges sous le pinceau d’un nommé Pinardeau. Chaque nouveau curé prenait l’engagement de transmettre ce tableau à son propre successeur.
Autour de la nef, un chemin de croix qui a ceci de particulier d’avoir été offert à Barlieu par l’Empereur Napoléon III. La dédicace est lisible sur le premier tableau, à gauche.
En avançant sur l’allée centrale on va découvrir une dalle de schiste noire dont la fonction n’a jamais été clairement établie puis les pierres tombales de seigneurs locaux. Cette coutume finit par être abandonnée pour des raisons hygiéniques et … olfactives.
La Révolution avait exigé de tous les paysans qu’ils déposent leur fumier dans la nef afin de provoquer sur les murs la production de salpêtre, indispensable pour la poudre à canon.
Dans le choeur, on admire, d’en-bas, deux bustes : à gauche Saint-Germain, saint patron de l’église et à droite Sainte-Christine, protectrice e la paroisse. On verra aussi, à droite, sur la ruine de l’autel dédié, une jolie statue de la Vierge à l’enfant pleine de douceur et d’élégance.
Arrivant au sanctuaire, on peut juger des effets du « modernisme » sur l’autel dont il ne reste que le panneau avant, lui-même accroché derrière, sous le retable. Un très bel agneau en gloire avec quatre angelots aux angles qui méritaient mieux que cette mise à l’écart.
Encadré par deux vitraux dans des baies à arc en plein cintre figurant St-Germain et SteChristine, l’immense retable (8,40 X 8,30) date de 1732 et fut fabriqué et assemblé par un artisan d’Henrichemont. De pur style baroque, il se caractérise par le détail de l’ornementation et les colonnes de style ionique. Il offre cette singularité de montrer le visage de Dieu, qu’on voit
couronné d’une envolée d’angelots. Au dessous, le Christ, envoyé du Père, tenant dans sa main gauche l’ « Orbe crucigère » symbole du pouvoir et le calice avec l’hostie rayonnante dans la droite.
L’artiste a donné au Christ le visage du modèle qui a posé, loin des visages émaciés de la plupart des représentations.

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